Personne n’aime imaginer un jour retrouver sa maison occupée par des inconnus. Pourtant, les squats sont bien plus fréquents qu’on ne le pense. Et ce fléau silencieux peut toucher n’importe qui, sans prévenir. Une résidence secondaire, un logement vide entre deux locataires, un départ en vacances… Les occasions sont nombreuses.
Mais voici une information que peu de propriétaires connaissent : votre assurance habitation peut prendre en charge les frais d’expulsion des squatteurs. Oui, cette galère que vous craignez tant pourrait être en partie couverte. Explorons ensemble comment cela fonctionne.
Le squat : un phénomène discret mais en hausse
En France, le nombre de squats ne cesse d’augmenter, même s’il est difficile à quantifier précisément. Les données sont rares, partielles, et parfois difficiles à faire remonter au niveau national. Pourtant, les signalements ne manquent pas.
En 2024, près de 52 000 consultations ont été enregistrées par les notaires, la police ou les assureurs pour des affaires liées aux squats ou aux impayés de loyer. C’est massif. À titre de comparaison, il n’y avait eu que 12 000 expulsions en 2021, une hausse par rapport aux 8 156 de 2020.
Mais lorsqu’on parle uniquement de squats, le chiffre est plus ciblé : 432 expulsions liées à des squats ont été recensées entre septembre 2023 et mai 2024. Cela reste faible, mais c’est trois fois plus qu’en 2022, selon Le Figaro.
Pourquoi les squats sont si difficiles à gérer ?
Le problème, c’est qu’un squat ne se limite pas à un simple cambriolage ou à une effraction. Les formes sont variées :
- Arnaques à la vente avec de faux compromis signés à la hâte
- Dossiers de location falsifiés ou mensongers
- Occupation illégale d’une résidence secondaire en l’absence du propriétaire
Dans tous les cas, vous ne pouvez pas agir seul. Il est impératif de déposer plainte auprès des autorités, d’alerter la police, puis de lancer une procédure légale. Que ce soit via un juge ou une expulsion sous arrêté préfectoral, les démarches sont longues, coûteuses et épuisantes.
Votre assurance peut-elle vraiment vous aider ?
C’est ici que beaucoup de propriétaires ont une mauvaise surprise. La plupart des assurances habitation de base ne couvrent pas les frais liés aux squats. Elles se limitent souvent aux dégradations ou aux pertes matérielles.
Mais il existe une possibilité : certaines compagnies proposent, en option ou dans des packs plus complets, des garanties spécifiques “squatteurs”. Elles peuvent couvrir :
- Les frais de procédures pour faire expulser les occupants illégaux
- Les honoraires d’avocat et les frais de justice
- Les dégâts causés pendant l’occupation
Attention toutefois : ces garanties ne sont pas automatiques. Il faut en faire la demande explicite à votre assureur. Et bien entendu, cela implique une prime mensuelle plus élevée.
Quelques gestes simples pour prévenir le squat
Mieux vaut prévenir que guérir, surtout lorsque la guérison est longue et douloureuse. Voici quelques conseils à suivre :
- Vérifiez chaque document juridique en cas de vente ou de location, et faites-les certifier si besoin
- Investissez dans un système d’alarme fiable, avec caméra et détecteurs de mouvement
- Sécurisez les accès avec des portes blindées et des serrures multipoints
Ce sont des dépenses raisonnables comparées aux mois de procédure et à l’énergie perdue dans une affaire de squat.
En résumé : parlez-en à votre assureur dès maintenant
Vous l’aurez compris : mieux vaut anticiper une éventuelle situation de squat plutôt que de la subir de plein fouet. Échangez avec votre assureur, demandez quelles garanties existent et combien elles coûtent. Car au final, quelques euros de plus par mois peuvent vous éviter des milliers d’euros de frais, et surtout, beaucoup de tracas.
Le squat n’est pas une fatalité. Mais pour s’en sortir, il faut s’armer d’informations… et d’une bonne assurance.












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